Comment expliquer l’anorexie ?

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D’après les psychologues, c’est un conflit avec la mère qui est à l’origine de ce comportement alimentaire autodestructeur si fréquent chez les jeunes filles*. A travers lui, l’anorexique exprime son refus de devenir femme.

L’anorexie des filles trouverait ses racines dans une relation conflictuelle avec la mère… En se privant de nourriture, elle chercherait à rester enfant.

L’anorexie mentale frappe surtout les jeunes filles ou les jeunes femmes, rarement les hommes. Dans les cas extrêmes, l’anorexique maigrit au point d’avoir une apparence terrifiante, la perte d’appétit caractéristique se traduisant parfois par un amaigrissement considérable. Des perturbations physiologiques importantes surviennent rapidement et se traduisent par un arrêt des règles et par un ralentissement global de tous les métabolismes. La baisse du taux de potassium sanguin fait encourir à l’anorexique des troubles cardiaques graves.

La raison psychologique profonde de ce trouble du comportement alimentaire serait la peur de devenir une femme. Tout se passe comme si en refusant de s’alimenter, l’anorexique tentait de renouer avec le style relationnel qui existait antérieurement entre elle-même et sa mère. L’anorexique demande implicitement à sa mère de lui montrer son amour sous forme de nourriture. Pourquoi ?

Une mère manifeste son amour en nourrissant le petit enfant. En outre, certaines mères privilégient la nourriture comme manifestation d’amour : elles lui donnent plus d’importance que les caresses ou les baisers, par exemple. Aux yeux de leur enfant, l’amour passe en quelque sorte « dans » la nourriture. Plus tard, l’enfant qui a peur de devenir une femme pour diverses raisons cherchera à replonger dans le passé, au temps où sa mère s’occupait d’elle sur un plan exclusivement oral.

*Note: outre le « bagage psychologique », il ne faut pas sous-estimer l’impact et la responsabilité des images véhiculées par les médias et les milieux de la mode  

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L’anorexie mentale ou le complexe de Barbie

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La silhouette de Barbie promue par les milieux de la mode, les médias et la publicité depuis les années 1970 est un modèle irréaliste et inatteignable pour la plupart des femmes qui se rapproche souvent de la maigreur  anorexique. Beaucoup de mannequins ont d’ailleurs une maigreur pathologique correspondant à l’anorexie mentale.

L’anorexie mentale est un trouble du comportement alimentaire qui peut avoir des conséquences très graves sur la santé : souvent d’une maigreur extrême, obsédées par leur poids et les calculs de calories, les anorexiques ont une perception déformée de leur corps et de leur poids. Il faut noter la différence entre les termes « anorexie mentale » qui décrivent une pathologie et le terme « anorexie » utilisé seul, qui se définit simplement comme le symptôme du manque d’appétit.

Chez les anorexiques, la nourriture et la peur de prendre du poids sont des préoccupations constantes. Les habitudes alimentaires sont aberrantes : peser chaque aliment, calculer la moindre calorie ingurgitée, se nourrir en secret loin des regards, s’adonner à certains rituels dans lesquels la nourriture est découpée en petits morceaux, jetée ou cachée, préparer des festins élaborés et hypercaloriques pour les autres sans y toucher soi-même…

Beaucoup d'anorexiques se font vomir après une crise de boulimie

Dans bien des cas, l’anorexie est aussi accompagnée d’isolement, de solitude et d’une dépression qu’on cherche souvent à dissimuler.

D’après le psychiatre et psychothérapeute français Jean Tignol, les critères diagnostiques de l’anorexie incluent un poids inférieur au poids normal de 15% ou plus, une peur intense de grossir, une perception erronée du poids et de la forme de son corps et le déni de la gravité de la maigreur actuelle. Chez les filles et femmes il faut ajouter à cela une absence de 3 cycles menstruels consécutifs (aménorrhée). Leur corps est d’une maigreur extrême mais les anorexiques donnent généralement l’impression d’être en excellente santé physique et morale. Dans l’anorexie « restrictive », l’individu s’impose une diète sans concessions, alors que dans l’anorexie ‘boulimique’, l’individu a des crises régulières de boulimie et se fait vomir et/ou prend des purgatifs (laxatifs, diurétiques) pour se vider le corps.

Dans 90% des cas l’anorexique est une adolescente ou une femme adulte. L’anorexie apparaît entre 13 et 20 ans pour 85% des cas. Au total, de 0,3 à 0,7% de la population féminine est affectée par cette maladie. Le taux de mortalité se situe entre 5 et 18%. Il existe des traitements pour l’anorexie (psychothérapies, médicaments) mais souvent les anciens anorexiques conserveront à vie certaines préoccupations alimentaires anormales et certains troubles relationnels et de l’humeur.

Le complexe d’Adonis ou l’anorexie inversée

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Crises de boulimie : une question de sexe et non de psychologie ?

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La tendance à faire des crises de boulimie serait d’origine biologique, selon des chercheurs américains. Leur découverte pourrait ouvrir la porte à de nouveaux traitements pour l’hyperphagie boulimique et l’anorexie.

Les crises de boulimie affectent surtout les femmes
Les crises de boulimie affectent surtout les femmes et les jeunes filles…

Des recherches menées à l’Université du Michigan aux États-Unis sur des rats de laboratoire ont mis en lumière pour la première fois un lien entre le sexe et la tendance à faire des crises de boulimie. Cette découverte permet de penser que les troubles du comportement alimentaire sont essentiellement d’origine biologique et non psychologique.

Selon les résultats de l’étude, les rats de sexe mâle ont nettement moins tendance à faire des crises de boulimie que les femelles. Or, les crises de boulimie constituent l’un des symptômes les plus caractéristiques des troubles du comportement alimentaire comme l’hyperphagie boulimique et l’anorexie mentale (crises de boulimie suivies de « purges » par vomissement ou usage de laxatifs).

La plupart des spécialistes attribuent la fréquence des troubles du comportement alimentaire chez les jeunes filles et les femmes adultes aux pressions psychologiques et sociales découlant de l’idéalisation de la minceur extrême (souvent inatteignable) dans la publicité et les magazines notamment (Lire: comment expliquer la boulimie? et comment expliquer l’anorexie?)

L’intérêt de cette nouvelle étude réside dans le fait qu’elle démontre l’existence de facteurs purement biologiques à l’origine des crises de boulimie, puisque les rats de sexe féminin ne subissent évidemment pas les diktats de la mode… Cette découverte pourrait ouvrir la porte à de nouvelles approches thérapeutiques des troubles du comportement alimentaire.

Les chercheurs américains ont observé 30 rats mâles et 30 rats femelles pendant deux semaines, remplaçant ponctuellement l’alimentation normale des rongeurs par du glaçage à la vanille. La tendance à se « gaver » de cet aliment sucré était jusqu’à six fois plus élevée chez les femelles que chez les mâles.

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