Vive les rondes (et les ronds) mais pas trop…

Facebooktwittergoogle_pluslinkedinmail

Facebookrss

 

En parcourant les publicités, les films, les magazines de modes et autres revues, les historiens du futur pourraient conclure que toutes les femmes du vingt-et-unième siècle sont minces, voire maigres.

Nous avons la même interprétation erronée des tableaux de grands peintres de la Renaissance tels Rubens, Raphaël, Botticelli ou Titien c’est-à-dire qu’à leur époque, toutes les femmes étaient pulpeuses, potelées, voire franchement grasses. En réalité, la rondeur et la générosité des formes correspondaient à un certain idéal féminin, sans doute inatteignable pour la majorité des femmes. Ces qualités reflétaient aussi une bonne santé et évoquaient fécondité et maternité (c’est encore le cas aujourd’hui dans certains pays du sud). L’embonpoint était signe de réussite sociale et d’opulence, alors que la maigreur était banale et ordinaire. Guerres, épidémies, famines et autres catastrophes rendaient les circonstances de la vie nettement plus instables qu’elles ne le sont aujourd’hui : les gens du peuple mangeaient autant que possible, aussi « gras » que possible quand ils le pouvaient…

Aujourd’hui, nous avons toujours le culte de ce qui est exceptionnel ou rare mais ce qui est exceptionnel ou rare a bien changé. Les femmes aspirent à ressembler autant que possible aux images (retouchées) des mannequins qui font la « une » des magazines de mode : taille de guêpe (sans corset), hanches fines, jambes interminables, ventre parfaitement plat… Quant aux hommes, ils n’échappent plus totalement aux diktats de la mode, une bonne situation professionnelle ou financière ne leur garantissant plus comme auparavant conquêtes amoureuses et professionnelles. Correspondre aux canons de la beauté est d’ailleurs plus que jamais un outil d’acceptation et de promotion sociales. C’est la tyrannie de la minceur, des régimes et du « modèle Barbie ». Les mensurations de la célèbre poupée à sa création en 1959 transposées à notre échelle correspondaient à 95-56-82. Le tour de hanches d’une « vraie » femme est au minimum de 88 centimètres (et non de 82). Le tour de taille de la poupée BarbieCrises de boulimie : une question de sexe et non de psychologie ?. Lire la suite ... » est de 39% plus réduit que celui d’une anorexique…. Le fabricant a d’ailleurs adapté ses proportions en 1996 après près de quatre décennies de critiques et d’accusations dont celle de favoriser l’anorexie des jeunes filles…

L’évolution de la mode vestimentaire est sans doute le moteur du changement dans l’esthétique féminine : au fil des siècles, l’évolution de l’habillement a voulu que le corps soit de plus en plus dénudé, de moins en moins caché : les corsages et jupes longues et amples ont laissé la place aux jupes toujours plus courtes et aux coupes toujours plus moulantes. Le vingtième siècle fut d’ailleurs un tournant décisif. Dans les années soixante, avec le mouvement de libération des femmes, des modèles extrêmes quasi androgynes sont apparus comme par exemple l’actrice, chanteuse et mannequin britannique Twiggy. En dévoilant certains aspects de la sexualité féminine ressentis comme inquiétants par les hommes, la psychanalyse freudienne a peut-être aussi favorisé une certaine tendance à la négation de ce qui fait la féminité. Certains artistes n’hésiteront pas à défigurer ou déformer le corps féminin : Pablo Picasso le représentait sous forme de traits anguleux, géométriques ou linéaires. L’angularité des formes correspondait aussi à l’idéal esthétique du chorégraphe belge Maurice Béjart, qui imposait à ses danseuses une maigreur extrême. La généralisation de l’embonpoint aux États-Unis surtout mais progressivement en Europe et ailleurs aussi a sans doute également contribué à renforcer l’aspiration à la minceur à tout prix : être mince devient de plus en plus rare et donc, de plus en plus désirable.

Stop à la tyrannie de la minceur à tout prix, des régimes draconiens et du « modèle Barbie »

Stop à la tyrannie de la minceur à tout prix, des régimes draconiens et du «modèle Barbie»

Les considérations esthétiques ne doivent cependant pas occulter une autre facette, nettement plus importante et moins futile celle-là : la santé. De nombreuses études scientifiques ont mis en lumière le lien entre le surpoids à l’apparition ou à l’aggravation de certaines maladies (cardio-vasculaires, diabète, maladies des articulations…). Elles ont sans doute aidé à booster le marché de la minceur avec tout ce que cela implique d’arnaques et d’abus mais la conscientisation qui en résulte est essentielle. Car aujourd’hui il faut bien constater la réalité de l’épidémie d’obésité qui se répand comme une trainée de poudre dans les pays dits « industrialisés », contaminant même les pays en voie de développement. La lutte contre le surpoids est devenue un sujet de préoccupation de nombreux gouvernements… A tel point que la sensibilisation des populations aux dangers de la malbouffe et de l’inactivité physique qui en sont indéniablement les principaux responsables, est devenu un objectif prioritaire de santé publique pour bon nombre d’entre eux. Par ailleurs, cet objectif s’inscrit bien dans le cadre plus large du développement durable et de la révolution écologique. Nous y reviendrons…

Facebooktwittergoogle_pluslinkedinmail

Facebookrss

Laisser un commentaire