Taxer la malbouffe, une bonne idée ?

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Si la taxation de la malbouffeAlimentation et taux de cholestérol. Lire la suite ... » ne s’accompagne pas d’efforts éducatifs ciblés et d’un usage approprié des moyens qu’elle va dégager, elle a peu de chances de contribuer réellement à lutter contre le surpoids et l’obésité. La dissuasion par le prix est insuffisante et dans une certaine mesure, injuste. Un changement durable du comportement et des habitudes alimentaires nécessite une stratégie multiple.

En ces temps de crise économique aiguë, il n’est pas sûr qu’une nouvelle ponction fiscale soit populaire même si elle vise avant tout les géants de l’industrie agroalimentaire. D’après les experts, seule une taxe minimale poursuivant un objectif de santé publique clair et sans ambiguïté au bénéfice de groupes spécifiques de la population comme les enfants, a une chance d’être soutenue par l’opinion publique.

Les principaux concernés, les grands acteurs de l’industrie agroalimentaire, défendent bec et ongles le statu quo, au nom de la liberté d’entreprendre, de la liberté de choix des consommateurs, au nom du maintien de l’emploi et du refus de l’interventionnisme étatique. Les moyens financiers qu'ils mettent dans leurs campagnes de lobbying et de contre-information sont gigantesques et inatteignables pour les petits producteurs locaux de fruits, légumes et autres aliments naturels "sains". Les décideurs politiques parviendront-ils à prendre des engagements clairs et à faire preuve de fermeté et de ténacité ? Rien de moins sûr. Il a fallu des dizaines d’années pour dompter l’industrie du tabac.

Qui sera visé par une taxe sur la malbouffeKilos en trop : les circonstances aggravantes. Lire la suite ... »?

Les consommateurs, les fabricants ou les deux ? Le consommateur ne trinque-t-il pas déjà assez comme cela ? Nous l‘avons dit, une hausse des prix à la consommation ne produira pas d’effets spectaculaires dans le comportement alimentaireAttention aux carences en magnésium !. Lire la suite ... ». En revanche, viser principalement l’industrie agroalimentaire produirait des résultats plus probants à long terme, l’approche du bâton et de la carotte les encourageant à s'orienter vers davantage de production d’aliments sains et naturels.

Faut-il taxer la malbouffe?

Le problème du surpoids et de l’obésité est complexe et requiert des approches multiples. La taxation seule ne suffira pas. Celle-ci devrait être envisagée parallèlement à une série de restrictions sur la publicité commerciale pour les aliments transformés et les fast food et une restructuration des subventions à l’agriculture. Il ne suffit pas de chercher à réduire la consommation de malbouffe, encore faut-il promouvoir les alternatives. Cela pose la question de l’attribution des revenus d’une éventuelle taxe sur la malbouffe. L’argent récolté ne doit pas finir dans la caisse commune où il servira à boucher les trous des autres budgets ou à la construction de routes ou l’engagement de policiers, par exemple. Il doit être alloué spécifiquement et exclusivement à la lutte contre le surpoids et l’obésité: campagnes de sensibilisation et d’éducation à grande échelle dans des environnements ciblés comme les écoles, les cantines publiques, aides à l’agriculture biologiqueContamination des aliments par les pesticides : la pointe de l’iceberg. Lire la suite ... » ou à la production d’aliments transformés sains…

L’impact réel d’un système de taxation des aliments malsains est relativement peu documenté actuellement. Certaines études tendent à démontrer qu’il serait inévitablement inégalitaire et affecterait surtout les catégories socio-économiques les plus pauvres de la population. Dans une étude publiée dans Public Health Nutrition en octobre 2005, des chercheurs de l’Université d’Oxford au Royaume-Uni ont estimé que la meilleure option était d’orienter les moyens tirés de cette taxe vers des actions et initiatives dans les structures collectives comme les écoles, les cantines et les lieux de travail: c’est là qu’elles auraient le plus de chances de modifier durablement les comportements alimentaires.

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