Crises de boulimie : une question de sexe et non de psychologie ?

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La tendance à faire des crises de boulimie serait d’origine biologique, selon des chercheurs américains. Leur découverte pourrait ouvrir la porte à de nouveaux traitements pour l’hyperphagie boulimique et l’anorexie.

Les crises de boulimie affectent surtout les femmes
Les crises de boulimie affectent surtout les femmes et les jeunes filles…

Des recherches menées à l’Université du Michigan aux États-Unis sur des rats de laboratoire ont mis en lumière pour la première fois un lien entre le sexe et la tendance à faire des crises de boulimie. Cette découverte permet de penser que les troubles du comportement alimentaire sont essentiellement d’origine biologique et non psychologique.

Selon les résultats de l’étude, les rats de sexe mâle ont nettement moins tendance à faire des crises de boulimie que les femelles. Or, les crises de boulimie constituent l’un des symptômes les plus caractéristiques des troubles du comportement alimentaire comme l’hyperphagie boulimique et l’anorexie mentale (crises de boulimie suivies de « purges » par vomissement ou usage de laxatifs).

La plupart des spécialistes attribuent la fréquence des troubles du comportement alimentaire chez les jeunes filles et les femmes adultes aux pressions psychologiques et sociales découlant de l’idéalisation de la minceur extrême (souvent inatteignable) dans la publicité et les magazines notamment (Lire: comment expliquer la boulimie? et comment expliquer l’anorexie?)

L’intérêt de cette nouvelle étude réside dans le fait qu’elle démontre l’existence de facteurs purement biologiques à l’origine des crises de boulimie, puisque les rats de sexe féminin ne subissent évidemment pas les diktats de la mode… Cette découverte pourrait ouvrir la porte à de nouvelles approches thérapeutiques des troubles du comportement alimentaire.

Les chercheurs américains ont observé 30 rats mâles et 30 rats femelles pendant deux semaines, remplaçant ponctuellement l’alimentation normale des rongeurs par du glaçage à la vanille. La tendance à se « gaver » de cet aliment sucré était jusqu’à six fois plus élevée chez les femelles que chez les mâles.

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Dysmorphophobie et suicide

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Des recherches récentes mettent en évidence le lien entre troubles graves du comportement alimentaire et suicide.

Les personnes souffrant de dysmorphophobie sont plus susceptibles de faire une tentative de suicide...

Les personnes souffrant de dysmorphophobie sont plus susceptibles de faire une tentative de suicide…

D’après les résultats d’une étude publiée dans la revue américaine Suicide and Life-Threatening Behaviour, les tentatives de suicide seraient plus fréquentes chez les personnes atteintes de dysmorphophobie qui s’infligent des privations de nourriture excessives.

Les personnes qui souffrent du trouble dysmorphophobique ou « Trouble de Dysmorphie Corporelle » de l’anglais « Body Dismorphic Disorder » (BDD) sont persuadées d’avoir des défauts physiques qui en réalité n’existent pas ou sont vraiment minimes. Toute leur vie est centrée sur la nécessité d’éradiquer le prétendu défaut qui devient une préoccupation constante. Pour arriver à leurs fins, ces personnes ont divers comportements pathologiques comme, par exemple, l’automutilation physique (elles tentent d’« enlever » le défaut avec des pinces à épiler, des ciseaux, au couteau…),  la répétition de régimes amaigrissants draconiens, l’excès d’exercice physique (voir aussi: complexe d’Adonis), l’automédication et la prise de substances potentiellement dangereuses telles les stéroïdes anabolisants. Elles ont aussi souvent recours à la chirurgie esthétique et à divers autres traitements (dermatologiques notamment) qui sont inutiles, puisque leur défaut physique est imaginaire.

Selon les auteurs de l’article, plus de 75% des personnes atteintes par cette maladie estiment que la vie ne vaut pas la peine d’être vécue et environ 25% ont déjà fait une tentative de suicide.  Par ailleurs, cette tendance à vouloir en finir serait la plus marquée chez les patients obsédés par leur poids ou la forme de leur corps et qui s’infligent des régimes amaigrissants excessivement restrictifs. Cela s’expliquerait par une tolérance accrue à la douleur physique et une atténuation de la peur de mourir, induites par les privations et restrictions alimentaires à répétition.

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Anorexie, boulimie : un sosie de l’hormone de la satiété en cause ?

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Une protéine sosie de la mélanotropine, l’hormone de la satiété, serait responsable des dérèglements du comportement alimentaire tels l’anorexie mentale, la boulimie et l’hyperphagie.

 L’hyperphagie, en anglais "binge eating disorder" désigne le trouble du comportement alimentaire qui consiste à se gaver immodérément à toute heure...

L’hyperphagie, en anglais « binge eating disorder », désigne le trouble du comportement alimentaire qui consiste à se gaver immodérément à toute heure… Cette maladie serait liée à une protéine fabriquée dans les intestins.

Les troubles du comportement alimentaire – essentiellement l’anorexie mentale, la boulimie et l’hyperphagie – touchent entre 15 et 20% de la population, en particulier les adolescentes et les jeunes adultes. De nombreuses recherches en psychiatrie, en génétique et en neurobiologie ont tenté de percer le mystère du mécanisme moléculaire à l’origine des dérégulations de la prise alimentaire, sans succès. Mais tout récemment. Une équipe de chercheurs français* a fait une découverte étonnante qui semble expliquer au moins partiellement ces phénomènes.

Dans une étude portant sur les liens entre l’intestin et le cerveau, des chercheurs de l’Inserm, l’Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale, ont repéré une protéine « sosie » de l’hormone de la satiété (la mélanotropine). Fabriquée par certaines bactéries présentes naturellement dans la flore intestinale, cette protéine accentue ou réduit l’effet satiétogène de la mélanotropine. Résultat : la sensation de satiété est atteinte trop rapidement (anorexie) ou n’est plus atteinte (boulimie et hyperphagie).

Les auteurs de l’étude travaillent actuellement au développement d’un test sanguin basé sur la détection de la protéine bactérienne en question. L’objectif est de mettre en place des traitements spécifiques et individualisés des troubles du comportement alimentaire.

En parallèle, d’autres travaux visent à trouver comment corriger l’action de la protéine bactérienne pour empêcher la dérégulation du comportement alimentaire qu’elle engendre.

*Source : « Nutrition, inflammation et dysfonction de l’axe intestin-cerveau » (Inserm/Université de Rouen)


 

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