L’anorexie mentale ou le complexe de Barbie

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La silhouette de Barbie promue par les milieux de la mode, les médias et la publicité depuis les années 1970 est un modèle irréaliste et inatteignable pour la plupart des femmes qui se rapproche souvent de la maigreur  anorexique. Beaucoup de mannequins ont d’ailleurs une maigreur pathologique correspondant à l’anorexie mentale.

L’anorexie mentale est un trouble du comportement alimentaire qui peut avoir des conséquences très graves sur la santé : souvent d’une maigreur extrême, obsédées par leur poids et les calculs de calories, les anorexiques ont une perception déformée de leur corps et de leur poids. Il faut noter la différence entre les termes « anorexie mentale » qui décrivent une pathologie et le terme « anorexie » utilisé seul, qui se définit simplement comme le symptôme du manque d’appétit.

Chez les anorexiques, la nourriture et la peur de prendre du poids sont des préoccupations constantes. Les habitudes alimentaires sont aberrantes : peser chaque aliment, calculer la moindre calorie ingurgitée, se nourrir en secret loin des regards, s’adonner à certains rituels dans lesquels la nourriture est découpée en petits morceaux, jetée ou cachée, préparer des festins élaborés et hypercaloriques pour les autres sans y toucher soi-même…

Beaucoup d'anorexiques se font vomir après une crise de boulimie

Dans bien des cas, l’anorexie est aussi accompagnée d’isolement, de solitude et d’une dépression qu’on cherche souvent à dissimuler.

D’après le psychiatre et psychothérapeute français Jean Tignol, les critères diagnostiques de l’anorexie incluent un poids inférieur au poids normal de 15% ou plus, une peur intense de grossir, une perception erronée du poids et de la forme de son corps et le déni de la gravité de la maigreur actuelle. Chez les filles et femmes il faut ajouter à cela une absence de 3 cycles menstruels consécutifs (aménorrhée). Leur corps est d’une maigreur extrême mais les anorexiques donnent généralement l’impression d’être en excellente santé physique et morale. Dans l’anorexie « restrictive », l’individu s’impose une diète sans concessions, alors que dans l’anorexie ‘boulimique’, l’individu a des crises régulières de boulimie et se fait vomir et/ou prend des purgatifs (laxatifs, diurétiques) pour se vider le corps.

Dans 90% des cas l’anorexique est une adolescente ou une femme adulte. L’anorexie apparaît entre 13 et 20 ans pour 85% des cas. Au total, de 0,3 à 0,7% de la population féminine est affectée par cette maladie. Le taux de mortalité se situe entre 5 et 18%. Il existe des traitements pour l’anorexie (psychothérapies, médicaments) mais souvent les anciens anorexiques conserveront à vie certaines préoccupations alimentaires anormales et certains troubles relationnels et de l’humeur.

Le complexe d’Adonis ou l’anorexie inversée

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La dysmorphie musculaire ou le complexe d’Adonis

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C’est une forme d’anorexie inversée qui touche les hommes uniquement. Malgré leur corps d’athlète, ceux qui en souffrent perçoivent leur musculature et leur stature comme insuffisantes. Résultat: régimes alimentaires, musculation excessive, prise de stéroïdes anabolisants et épuisement physique…

Les hommes qui souffrent du complexe d'Adonis (photo: istolethetv)

Les hommes qui souffrent du complexe d’Adonis se trouvent souvent trop petits de taille ou trop peu musclés et compensent cette perception erronée par une boulimie de sport et de musculation… (photo: istolethetv)

Les images du corps masculin et de la virilité véhiculées par les médias et la publicité ont donné naissance à un phénomène appelé la dysmorphie musculaire (de l’anglais muscle dysmorphia) ou anorexie inversée. C’est ce que l’on appelle aussi parfois le « Complexe d’Adonis ». Les hommes qui souffrent de cette pathologie sont insatisfaits de leur corps dont ils ont une perception erronée: ils se trouvent soit trop petits soit trop peu musclés, malgré une masse musculaire importante et un corps de bodybuilder… Conséquence : boulimie de sport et de musculation, épuisement physique, lésions musculaires ou articulaires et dopages dangereux.  Ils ont également une conduite alimentaire anormale et sont obsédés par ce qu’ils mangent: de nombreux repas programmés tout au long de la journée, prise de certains aliments-remède et de compléments alimentaires, usage excessif de stéroïdes anabolisants et parfois aussi, injection de fluides servant à gonfler les muscles tels le synthol. Rater un repas ou une séance d’entraînement est perçu comme dramatique. Tout cela s’accompagne de troubles de l’humeur et de troubles anxieux.

Superman, Batman, Spiderman, Ken et les autres… L’influence des images du super-héros à la musculature surdimensionnée, véhiculées par les dessins animés et les bandes dessinées pour enfants compte parmi les hypothèses émises par les psychiatres pour expliquer le phénomène de la dysmorphie musculaire. Certaines expériences difficiles de l’enfance comme les problèmes familiaux, les moqueries à répétition, l’intimidation, le harcèlement, pourraient aussi être des facteurs déclencheurs.

Bien que leur motivation à rester jeunes et sveltes ne soit pas encore aussi forte que celle des femmes, désormais les hommes n’échappent plus aux dictats de la mode. L’obsession de la perfection physique et la recherche de l’éternelle jeunesse les gagnent aussi, lentement mais sûrement. Crèmes antirides, lotions hydratantes et autres produits cosmétiques masculins envahissent petit à petit les rayons des magasins. L’apparence physique devient un outil de conquête amoureuse et de promotion sociale et professionnelle. Dans ce contexte, il n’est pas étonnant de constater la multiplication des troubles du comportement liés à l’apparence physique que les thérapies cognitives et comportementales semblent être les plus aptes à soigner.

Lire aussi notre article sur l’anorexie

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Une psychothérapie cognitive peut-elle vous aider à maigrir ?

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Oui. Cette approche davantage centrée sur l’individu lui-même que sur son environnement est complémentaire de la thérapie comportementale. Le thérapeute vise à résoudre les troubles alimentaires découlant d’un « défaut » dans le processus cognitif et qui constituent un obstacle à l’amaigrissement.

Le thérapeute cherche à découvrir et à décortiquer les schémas de pensée problématiques, qui déclenchent la surconsommation de nourriture.

La thérapie cognitive vise à mettre en lumière et à décortiquer les schémas de pensée qui déclenchent la surconsommation de nourriture.

Les pensées inexactes ou négatives peuvent générer des émotions perturbatrices et des comportements pathologiques en matière d’alimentation. La thérapie cognitive vise à les rectifier pour obtenir une évolution des émotions et des comportements qui en découlent. Il s’agit de permettre au patient d’acquérir, d’organiser et d’utiliser le savoir sur soi et sur le monde qui l’entoure. La cognition fait appel à la pensée, à la mémoire et à la prise de décisions.

Le thérapeute cherche à découvrir et à décortiquer les schémas de pensée problématiques, qui déclenchent la surconsommation de nourriture. Ensuite il les remplace par une vision réaliste de la propre personne, des événements extérieurs et de son rapport avec l’extérieur. Le patient travaille sur la réalité présente (pas sur son passé, comme en psychanalyse) : il est encouragé à exprimer ses plaintes, ses frustrations et ses angoisses. Le dialogue avec le thérapeute permet de relativiser, de dédramatiser et d’ébranler certaines fausses certitudes.

Les troubles du comportement alimentaire découlent souvent de modèles de pensée dichotomiques du type « tout ou rien », « blanc ou noir » et « excès ou abstinence »: le boulimique, par exemple, s’abstient de manger puis craque et se goinfre. La thérapie cognitive vise à remplacer ces schémas de pensée extrêmes par des raisonnements plus nuancés et encourage l’affirmation et l’acceptation de soi.  Plutôt que « c’est un échec, je ne parviendrai jamais à maigrir, je ne suis bon à rien, je suis et resterai un gros », le patient apprend à penser « j’ai échoué cette fois mais je réussirai le prochain régime ».

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