Dépendance : quand nos émotions nous tiennent…

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Les émotions sont l’ennemi numéro un de la personne dépendante : les drogues de toutes sortes et les comportements compulsifs l’aident à fuir ses émotions et la réalité qui l’entoure.

On peut être accro aux médicaments, à l'alcool et au tabac, mais aussi à la nourriture, au sport, au shopping, au sexe...

On peut être accro aux médicaments, à l’alcool, au tabac, mais aussi à la nourriture, au sport, au shopping, au jeu, au sexe…

Les neurobiologistes décrivent les émotions comme des interprétations par le cerveau de nos réactions instinctives au monde qui nous entoure (attaque, fuite ou soumission), la colère nous aidant à défendre notre intérêt et notre dignité ; la peur nous encourageant à discerner les dangers ; la tristesse nous poussant à nous séparer du passé ; la culpabilité construisant notre conscience ; la joie nous indiquant que tout va bien ; et la honte, nous apprenant que nous ne sommes pas tout-puissants. Sans toutes ces émotions complexes, nous serions incapables de communiquer.

Alcoolisme, tabagisme, toxicomanie, anorexie, boulimie, automédication compulsive, addiction au chocolat, au jeu, au sport, au travail… Les dépendances seraient toutes associées à une hypersensibilité, à une fragilité émotionnelle. Pour la personne dépendante, il est difficile voire impossible de faire face à ses émotions. Elle cherche à les fuir ou à les occulter par l’usage d’une drogue.

Souvent les addictions expriment des hontes inconscientes, une expérience ancienne douloureuse et niée : le comportement autodestructeur traduit une pulsion à se faire du mal, à se punir.

La colère révèle une incapacité à assumer ses désirs et ses besoins d’adulte. Le dépendant peut apparaître très contrôlé, patient, puis soudain agacé, irritable… Parfois la colère est le résultat d’une expérience vécue comme une violence ou une souillure (viol, inceste…) non exprimée et enfouie au plus profond de soi.

La personne dépendante souffre d’un sentiment d’insécurité permanent et ses choix sont pour la plupart motivés par la crainte : peur du manque, peur de la solitude, peur de la relation à autrui, peur de ne pas être à la hauteur, peur du vide, peur de la souffrance, peur du changement, peur d’être abandonné… Par son comportement, elle exprime de vieilles insécurités d’enfant.

Une émotion n’est en elle-même ni positive ni négative : elle est impossible à contrôler. Mais la nier ou la combattre lui donne davantage de force et de pouvoir. Reconnaître et accepter ses émotions, cela aide à renforcer la confiance en soi. Pour ne plus en souffrir, il faut arriver à lâcher prise, à se détacher de ses émotions. C’est l’objectif d’une psychothérapie ou de certaines techniques de méditation, par exemple.

 

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Ces étranges défauts physiques imaginaires

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Dans son livre « Les défauts physiques imaginaires » (Odile Jacob), le psychiatre et psychothérapeute français Jean Tignol explique un étrange trouble obsessionnel dont souffriraient un certain nombre de personnes qui consultent en chirurgie plastique et en dermatologie. Dans certains cas, un défaut imaginaire est attribué à un proche…  

Les personnes souffrant de dysmorphophobie imaginent avoir un défaut physique énorme ou exagèrent un défaut physique réellement minime (photo: dualdflipflop)

Les personnes souffrant de dysmorphophobie imaginent avoir un défaut physique énorme ou exagèrent un défaut physique réellement minime (photo: dualdflipflop)

La dysmorphophobie ou « Trouble de Dysmorphie Corporelle » de l’anglais « Body Dismorphic Disorder » (BDD) est un mal en progression dans un monde où règne l’obsession de l’éternelle jeunesse et de la perfection physique. Les personnes qui en souffrent sont convaincues d’avoir une ou plusieurs imperfections physiques qui en réalité n’existent pas ou sont minimes. Elles sont tellement préoccupées par ce défaut de leur apparence que celui-ci devient le centre de leur existence. Elles s’emploient corps et âme à l’éradication du prétendu défaut par des traitements voire de la chirurgie, qui sont évidemment sans effet puisque le problème est imaginaire. Dépression, phobie sociale, alcool, drogue, apathie, boulimie, tentatives de suicide, hospitalisations psychiatriques… les conséquences de cette maladie sont nombreuses et peuvent s’avérer sérieuses.

D’après le Dr Jean Tignol, plus de 13% des personnes qui consultent en dermatologie et de 6 à 15% de celles qui consultent en chirurgie esthétique sont atteintes de dysmorphophobie. Cette maladie touche autant les hommes que les femmes mais les parties du corps qui les préoccupent diffèrent. Ainsi les hommes sont plus soucieux de leurs cheveux, de leur petite taille ou de leurs organes sexuels, tandis que les femmes ont des inquiétudes concernant leur poids, leur poitrine et leurs jambes. Il arrive parfois que le patient localise le défaut imaginaire chez une autre personne que lui-même. L’un des patients du Dr Tignol, un homme d’âge mûr, avait commencé à s’inquiéter de la silhouette de sa femme après la naissance de leur enfant (né dix ans plus tôt). Son apparence esthétique, particulièrement sa silhouette, l’obnubilait au point de surveiller l’alimentation de sa femme et de l’inciter à subir des interventions de chirurgie esthétique au niveau de la poitrine et de l’abdomen. Cet homme souffrait de dysmorphophobie « par procuration »… Il existe actuellement des traitements médicamenteux efficaces. Les thérapies cognitives et comportementales peuvent également produire de bons résultats.

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Quand le culte de la beauté tourne à l’obsession pathologique

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Les personnes qui souffrent de dysmorphophobie (appelée aussi « trouble de dysmorphie corporelle ») sont convaincues d’avoir un ou plusieurs défauts physiques qui sont en réalité totalement imaginaires ou vraiment minimes. Elles présentent divers comportements pathologiques distinctifs.

Les défauts imaginaires se situent le plus souvent au niveau du visage: nez, yeux, peau et chevelure... (photo: the Italian Voice)

Les défauts imaginaires se situent le plus souvent au niveau du visage: nez, yeux, peau et chevelure… (photo: the Italian Voice)

Leur énergie toute entière est absorbée par les tentatives de camouflage et de suppression d’un défaut physique, réel ou imaginaire : ceux-ci sont localisés essentiellement au niveau du visage (nez, yeux, peau, chevelure). La phobie sociale qui en résulte peut avoir des conséquences parfois dramatiques : isolement, retards, absentéisme, échec professionnel ou scolaire, divorce, suicide…

Parmi les comportements pathologiques distinctifs de ces personnes, notons la tendance à se comparer sans cesse à autrui, l’utilisation de techniques de camouflage (maquillage, coiffure, chapeau…), le recours répété à certains professionnels (dermatologues, chirurgiens plastiques…) et les tentatives de suppression du défaut imaginaire. Par exemple certains patients tentent de corriger des imperfections de la peau : boutons, points noirs, rougeurs…, au moyen de pinces à épiler, d’épingles, de lames de rasoir…

D’après le psychiatre et psychothérapeute français Jean Tignol, cette pathologie résulte de la promotion tous azimuts d’images du corps inatteignables pour la plupart des gens. La jeunesse et la beauté physique sont devenues des outils-clés de reconnaissance et de promotion sociales. Le changement de statut de la chirurgie esthétique serait emblématique de cette évolution : celle-ci est devenue une pratique sociale tout à fait courante et normale. En effet, aux États-Unis et en Europe par exemple, le nombre de personnes ayant recours à la chirurgie esthétique ne cesse d’augmenter. Cela s’expliquerait surtout par le progrès significatif des techniques chirurgicales et leur médiatisation grandissante. Beaucoup de femmes en particulier souffrent d’une insatisfaction permanente concernant leur corps et leur image physique et risquent tôt ou tard de basculer dans un comportement obsessionnel pathologique comme la dysmorphophobie ou l’anorexie. Les hommes ne sont d’ailleurs pas épargnés. Il existe chez eux un autre type de comportement obsessionnel qui les concerne plus particulièrement : le complexe d’Adonis ou dysmorphie musculaire, une forme d’anorexie inversée…

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