L’Organisation Mondiale de la Santé soutient la taxation de la malbouffe

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Taxer la junk food, le trop gras, le trop sucré ou le trop salé, encadrer la publicité sur les produits alimentaires et responsabiliser les pouvoirs publics et l’industrie agroalimentaire: voila les pistes proposées par l’Organisation Mondiale de la Santé* pour combattre la véritable épidémie d'obésité qui frappe l’Occident et se propage comme une trainée de poudre jusqu’aux pays en voie de développement.

Le problème est de taille, c’est le cas de le dire : on compte aujourd’hui plus d’1,5 milliards de personnes en surcharge pondérale dans le monde, dont au moins 500 millions sont obèses. Certains pays, parmi lesquels les États-Unis, le Royaume-Uni, l’Australie, la Chine ainsi que les pays d’Europe de l’Est et du Moyen Orient ont connu une véritable explosion du phénomène ces dernières années. Les pays en voie de développement ne sont pas épargnés. Selon l’institution genevoise, l’obésité infantile est devenue l’un des défis majeurs de santé publique du siècle qui débute. En effet, l’OMS estime qu’on pouvait dénombrer dans le monde en 2010, près de 43 millions d’enfants en surpoids ou obèses, âgés de moins de cinq ans. Ces chiffres sont en constante progression et les prévisions sont pessimistes : on prévoit 60 millions d’enfants de moins de cinq ans en surpoids ou obèses en 2020.

La malbouffeLe manque de sommeil rendrait la malbouffe plus alléchante. Lire la suite ... » combinée à la sédentarité constitue la cause principale de l’hypertensionLes dangers de l'hypertension artérielle. Lire la suite ... », de l’hyperglycémie, de l’hyperlipidémie, de la surcharge pondérale et de l’obésité. Elle est le premier responsable de maladies chroniques comme le diabète. L’OMS estime que globalement, 2,7 millions de décès peuvent être attribués à une consommation insuffisante de fruits et de légumes et 1,9 million de décès, au manque d’exercice physique.

L’impact positif des taxes sur le tabac et des restrictions sur les lieux de sa consommation ne fait plus aucun doute. Mais en matière alimentaire, les initiatives sont encore rares et il est trop tôt pour juger de leur efficacité. Le Danemark a été le premier état au monde à imposer une ‘ « fat-tax » en octobre 2011 : d’un montant de 16 couronnes par kilo de graisse saturée, cette taxe vise les aliments comme le beurreLait, mensonges et propagande. Lire la suite ... », le laitLait, mensonges et propagande. Lire la suite ... » entier, la viandeCitron, vinaigres, vin et alcools pour assaisonner sans rajouter trop de calories. Lire la suite ... » et les produits transformés. Peu de temps après, en septembre 2011, la Hongrie introduisait une mesure similaire surnommée « la taxe hamburger » s’attaquant aux sodas et autres boissons gazeuses, pâtisseries, chips et exhausteurs de goût artificiels… D’autres initiatives ciblant des catégories précises de produits ont été mises en application depuis un certain temps dans plusieurs Etats américains comme l’Arkansas, Washington State et le West Virginia qui taxent les sucreries, la gomme à mâcher et la crème glacée.

Dans les pays les plus touchés par l’épidémie d’obésité, les pouvoirs publics et les ONG spécialisées multiplient les campagnes d’information et d’éducation, ciblant en particulier les écoles. On se souviendra des images diffusées en février dernier par toutes les télévisions américaines de Michelle Obama enchaînant des mouvements d’aérobic en compagnie d’un groupe d’enfants : c’était à l’occasion du deuxième anniversaire de « Let’s Move », une initiative présidée par la première dame, à laquelle ont été associés de nombreux sportifs de haut niveau, visant notamment à promouvoir auprès des plus jeunes une alimentation saine et une activité physique plus soutenue. Aux États-Unis, près d’un enfant sur trois est en surpoids et 17% sont obèses.

Fruit de deux ans de consultations aux quatre coins du globe, la stratégie mondiale* de l’OMS répond à la demande faite en 2002 par les États membres d'élaborer un plan de lutte contre les maladies non transmissibles. Au cours des derniers mois, son élaboration a suscité de vives réactions de la part de l’industrie agro-alimentaire, de celle des boissons gazeuses et sucrières qui ont fait pression pour que disparaissent du texte les références au sucre, à une éventuelle taxation ainsi qu'à la remise en question des pratiques commerciales. Heureusement, sans succès.

* La version finale de la « Stratégie Mondiale pour l’Alimentation, l’Exercice Physique et la Santé » a été présentée à l’Assemblée des membres de l’Organisation Mondiale de la Santé qui s'est réunie à Genève du 17 au 22 mai 2012.

 

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